Multiplier vos plantes : le guide complet

Avec un peu de patience, et en suivant bien nos conseils, vous pourrez multiplier certaines de vos plantes d’intérieur ou vos plantes du jardin. C’est la solution économique pour en peupler votre intérieur d’une importante quantité. Plusieurs procédés existent, les uns très faciles, les autres un peu plus savants. Pour chaque mode de multiplication, nous vous indiquons les plantes qui se propagent plus aisément de cette façon.

bouturage plante
© istock

Quelles sont les 8 méthodes de multiplication ?

  1. Plantules : Certaines plantes produisent des plantules sur leurs feuilles ou sur leurs stolons. Ces plantules peuvent servir à la multiplication. Chez certaines espèces, elles émettent des petites racines qui se développent rapidement dès la plantation. La plupart, cependant, en sont dépourvues. A ces dernières, il faut donner des soins spéciaux pour qu'elles croissent bien une fois qu'elles sont détachées de la plante mère.

  2. Rejets : Ce sont aussi de petites plantes identiques à la plante mère, mais, à la différence des plantules, elles partent de la tige principale. Lorsqu'elles ont atteint une certaine taille, elles peuvent être détachées et empotées. La plupart des rejets se développent rapidement. Les broméliacées, certaines cactées et plantes à bulbes en produisent.

  3. Division des touffes : Cette méthode convient aux plantes qui émettent des pousses pourvues de racines et d'organes aériens. La division se fait le plus souvent à la main, mais il faut parfois utiliser un couteau. Chaque segment doit comporter un bouquet de feuilles et des racines bien développées. Certaines plantes à rosettes produisent des touffes de rosettes assez distinctes pour qu'on les sépare facilement bien qu'en procédant délicatement.

  4. Boutures de tiges : Le bouturage est la méthode la plus courante. Il consiste à prélever des segments de tiges, souvent terminaux, et à les planter. La bouture doit avoir quelques centimètres et être sectionnée sous un nœud. Chez les plantes à tiges ligneuses, on prélève des pousses latérales auxquelles on conserve un morceau d'écorce de la tige principale. C'est ce qu'on appelle une bouture à talon. Les segments de vieilles tiges portant un ou deux noeuds s'enracinent bien.

  5. Boutures de feuilles : Chez certaines espèces, il suffit de mettre le pétiole ou la base d'une feuille dans un mélange approprié. Parfois, on coupe la feuille en segments, qui produisent chacun une plantule, au niveau de la nervure.

  6. Marcottage : Cette méthode consiste à mettre une tige aérienne en contact avec le mélange pour qu'elle s'y enracine avant d'être détachée de la plante mère.

  7. Marcottage aérien : Cette technique convient aux plantes érigées qui se bouturent mal. Après avoir mis une tige à nu, on l'entoure de sphaigne humide. On sectionne ensuite l'extrémité enracinée et on l'empote.

  8. Germer des graines : Elle se fait par semis et convient à beaucoup de plantes. C'est l'unique méthode de reproduction des annuelles. Par contre, les vivaces semées mettent des années à atteindre leur maturité.

Comment bouturer vos plantes ?

Le bouturage consiste à prélever un fragment de plante - pousse, feuille, racine - et à le mettre en contact avec de la terre humide, pour qu'il émette des racines et devienne ainsi une nouvelle plante. Le bouturage peut être aléatoire, mais en y apportant le plus grand soin, vous obtiendrez vite des résultats encourageants.

Pour couper vos boutures, prenez un outil bien affûté : ciseaux, couteau, lame de rasoir, greffoir... Plus la bouture est petite et plus l'outil l'est également : des ciseaux à ongles sont parfaits pour une misère alors qu'un sécateur vous sera nécessaire pour un caoutchouc ou un philodendron.

Le bouturage dans l'eau

Il est enfantin ! Et vous mettriez beaucoup de mauvaise volonté à ne pas le réussir...

Bouturage Dans L'eau
  1. Prélevez vos boutures, de préférence de jeunes pousses d'extrémité de 7 à 10 cm de longueur s'il s'agit de plantes moyennes ; moins, si vous bouturez des petites espèces (4 ou 5 cm).

  2. Prenez ensuite un verre d'eau, ajoutez-y une pincée d'hormones d'enracinement et un petit morceau de charbon de bois, ce dernier empêchant le croupissement de l'eau, A défaut d'hormones, mettez un comprimé de vitamine B (cela évite le flétrissement des boutures).

  3. Faites tremper ces boutures dans le verre d'eau.

  4. Une astuce pour les faire tenir : prenez un petit morceau de carton, plus large que le diamètre du verre, et après l'avoir perforé de quelques trous, introduisez les boutures. Elles ont ainsi la tête bien droite et les pieds dans l'eau.

  5. Assez rapidement, vous constaterez l'apparition de petites racines blanches. C'est le moment pour vous de rempoter vos boutures, dans des petits pots individuels emplis d'un mélanger léger (terreau + sable + tourbe par exemple).
Bon à savoir : Lorsqu'elles sont mises à « raciner » dans l'eau, les boutures émettent de minces radicelles blanches, dont la fonction est d'absorber l'oxygène de l'eau. En revanche, les racines qui se développent dans un mélange terreux pompent l'oxygène de l'air contenu entre les particules de terre. Lorsque l'on transplante en terre une bouture ayant des racines « d'eau », il y a un risque d'échec : la bouture doit en effet émettre dans les plus brefs délais un nouveau système radiculaire, capable de s'adapter à la terre. Vous mettrez toutes les chances de votre côté en repiquant vos boutures d'eau lorsque leurs racines ne dépassent pas 2 cm (si elles ont plus, recoupez-les), et en les trempant à nouveau dans une poudre d'hormones d'enracinement.

Les plantes à bouturer dans l'eau : les meilleurs résultats sont obtenus avec les misères, le coléus, certains lierres et bégonias, le pothos (ou scindapsus).

Cas particulier : pour le bégonia, prenez une feuille et piquez-la dans l'eau, comme indiqué précédemment.

Le bouturage classique

Qu'il s'agisse de feuilles, de racines, de tiges ou même de nervures, la technique reste la même. Ces fragments de plantes sont mis à « raciner » dans un mélange très léger (un terreau compact étoufferait les jeunes racines et la bouture se flétrirait rapidement).

Le meilleur compost : la vermiculite, ou bien du terreau mélangé à du sable et à de la tourbe.

Bouturer avec des pousses herbacées d'extrémité :

Bouturage Classique Avec Des Pousses Herbacees
  1. Prélevez vos boutures sur une plante vigoureuse, ayant bénéficié d'excellentes conditions d'éclairement. Coupez une pousse d'extrémité, encore flexible mais qui doit se casser si vous la pliez fortement. Évitez les pousses trop faibles, trop tendres car elles pourrissent très vite, sans prendre le temps de s'enraciner. La bouture doit avoir entre 7 et 10 cm de longueur et posséder trois nœuds : ce sont les endroits où les feuilles sont rattachées à la tige.

  2. Ôtez les feuilles de la base, et recoupez un peu la tige en biais.

  3. Trempez la base de la bouture dans des hormones d'enracinement, et piquez-la dans un pot ou une terrine emplie de vermiculite ou tout autre mélange léger, bien humidifié au préalable.

  4. Si les feuilles sont de grande taille, coupez-les de moitié, pour réduire la transpiration des boutures.

  5. L'humidité permanente étant une des clefs du succès, recouvrez le pot ou la terrine d'une feuille de plastique transparent, qui recréera l'ambiance confinée d'une serre à multiplication, Ce type de bouturage convient à presque toutes les plantes vertes : les misères, scindapsus, cissus, lierres, etc.

Bouturer avec des feuilles :

 Bouturage Des Feuilles Etapes
  1. Posez une belle feuille à plat, sur une planchette de bois, puis incisez-la, avec une lame de rasoir, en plusieurs points des nervures.

  2. Faites-la ensuite « raciner » toujours à plat, côté nervures incisées en contact avec la terre bien humidifiée au préalable.

  3. Recouvrez d'une feuille de plastique transparent ou d'une plaque de verre. Quelque temps après, au niveau des incisions, des petites pousses doivent apparaître.

  4. Lorsque ces dernières prennent une taille convenable, 3 à 4 cm par exemple, rempotez la feuille dans un pot plus grand, ou bien coupez, toujours à la lame de rasoir, chaque pousse et rempotez individuellement.

  5. Une variante : piquez la feuille presque verticalement, le pétiole (petite tige) en terre.

  6. Lorsqu'elle est enracinée, une petite pousse pointe à la base du pétiole. C'est un procédé valable pour le peperomia, le bégonia, le caoutchouc et toute autre espèce à feuilles charnues.

  7. Vous pouvez aussi multiplier des fragments de feuilles. Pour le sansevieria, coupez un morceau de feuille, et piquez-le, comme sur notre dessin.

  8. La bouture est enracinée : il est temps de la transplanter.

Pour réussir à tout prix : ne bouturez que des espèces à feuilles charnues et épaisses, intactes et en bonne santé.

Comment marcotter vos plantes ?

Rappelons le principe du marcottage cette technique consiste à coucher une tige pour la mettre en contact avec le sol.

A ce point de contact, des racines vont naître plus ou moins rapidement. Il suffit alors de couper la tige de la plante-mère pour obtenir un nouveau sujet, prêt à être transplanté.

6 Marcottage Etapes

Voici comment procéder :

  1. Prenez une plante aux longues tiges souples (par exemple une espèce grimpante, comme le cissus). Choisissez la plus belle tige. Placez à proximité des petits godets emplis de vermiculite ou de terreau et de tourbe.

  2. Avec un clou cavalier, une épingle à cheveux, un caillou..., maintenez la tige en contact avec les divers petits pots... et attendez. Ne laissez surtout pas la terre des pots sécher.

  3. Pour vous assurer que la tige s'est enracinée dans les godets, tirez un peu au niveau des points de contact. Si vous sentez une petite résistance, c'est bon ! Constatez tout de même la présence de racines, en dégageant un peu de terre.

  4. Si les racines sont bien développées, il ne vous reste plus qu'à couper la tige, sorte de cordon ombilical : les marcottes sont alors indépendantes. Traitez-les ensuite comme toute autre jeune plante d'appartement.

Quelles plantes marcotter ? Toutes les espèces grimpantes, et plus particulièrement, les cissus, les lierres, le philodendron scandens, le ficus pumila, le pothos ou scindapsus, les misères, etc.

Le marcottage aérien

C'est la solution pour rajeunir une plante-plumeau, dégarnie de la base. Rien n'est plus laid, en effet, qu'un caoutchouc avec sa grande tige surmontée d'un ridicule toupet de feuilles. En lui appliquant un marcottage aérien, vous pouvez la rajeunir et lui rendre un aspect convenable.

Voici la marche à suivre.

Tout d’abord, sous le toupet de feuilles, vous allez faire une petite incision pour favoriser à cet endroit l'apparition de racines. Trois possibilités :

7 Marcottage Aerien Incision Methodes
  • L'anneau (A) : vous dégagez la tige sur toute sa circonférence, et sur une hauteur d’un centimètre environ.
  • L'incision en V (B) : vous faites une encoche en forme de V, sur un tiers de la tige (pas plus surtout, car la tige se casserait).
  • La fente en biseau (C) : vous incisez en biais, avec une lame de rasoir, en fendant la tige vers le haut, sur une longueur de 2 cm environ. Attention de ne pas entailler plus de la moitié de la tige.
  • Pour éviter que l'incision ne se referme (D), insérez-y une allumette en bois ou un cure-dents.

8 Marcottage Aerien Etapes
  1. Ensuite, saupoudrez l'entaille d'hormones d'enracinement, en la badigeonnant, par exemple, avec un pinceau. Prenez soin de bien y faire pénétrer la poudre.

  2. Faites tremper de la mousse (sphagnum) dans de l'eau tiède, puis essorez-la : il faut qu'elle soit bien humide, bien gonflée mais non imbibée d'eau. Puis entourez l'incision de cette mousse, de façon à former un manchon de 2,5 cm d'épaisseur.

  3. Enveloppez ensuite cette mousse d'une feuille de plastique ou de papier d'aluminium, puis fermez le haut et le bas de ce manchon avec un lien de plastique ou, éventuellement, du ruban adhésif.

  4. Si la mousse se durcit ou se décolore, c'est mauvais signe : elle manque d'eau et, dans ce cas, les racines ne se développeront pas. Pour rajouter de l'eau, ouvrez le manchon dans le haut et arrosez à la petite cuillère, lentement, pour que la mousse puisse s'imbiber correctement. Renouvelez cet arrosage autant de fois que cela sera nécessaire.

  5. Au bout de un à trois mois (oui, il faut de la patience !), des racines sont apparues. Lorsque celles-ci sont suffisamment développées, coupez la tige en dessous du manchon de mousse.

  6. Transplantez aussitôt la marcotte aérienne dans un pot, en recouvrant la mousse de terreau... mais pas trop : environ 3 cm. Arrosez, toujours lentement, car la sphagnum est longue à s'imbiber correctement.

A appliquer aussi au croton, au philodendron…

Bon à savoir : Ne jetez surtout pas la plante-mère, même si ce n'est plus qu'une vilaine tige dans un pot. En dessous de l'entaille, ou à la base, elle va émettre une nouvelle pousse. Au lieu d'une plante-plumeau, vous aurez, grâce au marcottage aérien, deux plantes rajeunies.

Comment semer vos graines ?

Certaines plantes d'intérieur peuvent être reproduites par semis. Parfois, l'opération est trop longue... et décourageante !

9 Semer Etapes

Mais quelques espèces se multiplient rapidement ainsi. Les bégonias non tubéreux, le coléus en sont deux exemples parmi tant d'autres.

  1. Le semis se fait en terrine, emplie d'un mélange très léger, par exemple de la vermiculite (1/4), du sable (1/4), du terreau (1/4) et de la tourbe (114). Prévoyez une épaisseur minimum de 5 cm.

  2. Tassez, puis arrosez avec un pulvérisateur pour que le support d'ensemencement soit bien humide (mais non détrempé).

  3. Semez ensuite, toujours en économisant le maximum de graines. Comme les graines sont parfois très fines (exemple du bégonia, pour lequel il y a près de 40 000 semences au gramme), mélangez-les à du sable : vous sèmerez mieux, et surtout moins dru. Si vous semez, en revanche, des graines assez grosses, comme des pépins d'agrumes, il vous suffit de les enfoncer tous les centimètres.

  4. A l'aide d'une passoire, recouvrez les semences de terreau. Si les graines sont très fines, contentez-vous de tasser avec la main pour assurer le contact terre-graines.

  5. Posez une vitre ou une feuille de plastique sur la terrine. Aérez chaque jour, et surveillez l'arrosage : le mélange doit rester frais. Si cela s'avère nécessaire, arrosez, avec un vaporisateur et de l'eau tiédie à la température de la pièce.

  6. Une semaine plus tard, vous devriez voir apparaître les jeunes plantules. Retirez alors la vitre, car l'air est indispensable pour que les plants s'endurcissent.

  7. Éclaircissez ensuite, par exemple avec une pince à épiler.

  8. Quand les plantules ont environ 3 cm et de vraies feuilles, autres que les cotylédons issus de la graine, soulevez-les, soit avec une fourchette, soit avec une planchette de bois ; puis, transplantez-les dans des petits pots individuels, remplis de terreau et de tourbe. Soignez-les comme toutes les plantes vertes, en vous rappelant que dans un petit pot, la terre sèche plus vite.

Comment séparer les stolons ?

La nature a doté certaines espèces de tiges qui émettent d'elles-mêmes des petites plantes, qu'il suffit de planter...

C'est vraiment le procédé de multiplication le plus facile, puisque vous n'avez qu'à donner un tout petit coup de pouce à la nature.

  1. Selon le principe du marcottage par couchage, placez des petits pots à proximité de la plante-mère et mettez-y les bébés-plantes qui se développent au bout de ses tiges.

  2. Ils s'enracinent très vite, surtout s'ils sont plantés dans un mélange léger, à base de tourbe ou de vermiculite, et régulièrement arrosé. Coupez la tige qui les relie à la plante-mère, afin d'en faire des espèces indépendantes. C’est facile, non ?

Quelles plantes multiplier ainsi ? Le chlorophytum, le saxifrage sarmenteux...

Comment diviser les plantes vertes ?

Certaines espèces se propagent par division des touffes. Quand elles sont assez volumineuses, vous pouvez, en effet, les séparer en deux, ou même trois, plantes.

  1. Dépotez la plante, et posez-la sur un papier journal ou un plastique...

  2. Essayez de la séparer en deux, en tirant avec les mains.

  3. S'il y a trop de résistance, utilisez un sécateur pour venir à bout des trop gros- ses racines. Vous pouvez aussi trancher la plante en deux, avec un couteau bien affûté.

  4. Rempotez les deux fragments de plante séparément, et arrosez bien. Pour accélérer la reprise, saupoudrez les racines d'une poudre d'hormones d'enracinement.

Quelles plantes diviser ainsi ? La plupart des fougères, le sansevieria, certains palmiers, les asparagus...

La division des touffes

Cette opération culturale se pratique assez couramment avec les plantes d'appartement, notamment aspidistra, clivia et les broméliacées en général. Il est préférable de procéder à la division des touffes lorsque les plantes sont en repos végétatif, c'est-à-dire en février ou mars.

On sort d'abord la plante de son pot. En cas de difficulté, on peut utiliser une longue spatule ou un couteau que l'on fait tourner entre le pot et la motte. Ainsi décollées, les racines ne seront pas abimées.

Le collet de la plante étant bien dégagé (la terre du sommet de la motte est éliminée), on peut observer les bourgeons végétatifs ou les rejets ainsi que les jeunes racines. Il est alors facile de les sectionner, en prenant soin, toutefois, de toujours laisser au moins un œil par section et le plus de racines possible. Il faut trancher franchement dans la masse, en évitant de provoquer des déchirures : les coupes nettes diminuent les risques de pourriture.

La division des tubercules

Cette technique est en principe réservée aux professionnels, mais les amateurs avertis peuvent parfaitement la maitriser.

Les tubercules (bégonia tubéreux), placés en janvier dans une caissette de tourbe humide, dans l'obscurité, à une température de 15 °c, voient après quelques jours leurs bourgeons entrer en végétation. Ils deviennent ainsi plus facilement repérables au sommet de la masse charnue. On procède alors au sectionnement à l'aide d'outils propres et désinfectés. Lorsque les sections ou segments sont prêts, ils sont placés dans un pot juste assez grand pour contenir les racines, puis on introduit de la terre autour et à l'intérieur de la motte.

Comme pour les jeunes boutures enracinées, l'arrosage par capillarité est d'abord effectué avec parcimonie pendant quinze jours ou trois semaines environ, puis il a lieu normalement. S'il s'agit d'espèces réclamant une haute hygrométrie de l'air, il faut les placer dans un sac en plastique ou, si possible, dans le fond d'une serre-fenêtre en atmosphère saturée d'eau.

Comment prélever les rejets ?

Autre mode de multiplication des plantes vertes : la séparation des rejets (ou des drageons), qui naissent à la base de certaines d'entre elles. Ces drageons sont en quelque sorte des siamois, puisqu'ils vont se transformer en une réplique exacte de la plante à laquelle ils sont rattachés. Si vous remarquez leur présence au pied d'une de vos plantes vertes, vous pouvez fort bien les séparer pour obtenir des végétaux supplémentaires. Voici comment procéder...

  1. Dégagez la terre autour du rejet, pour constater s'il est enraciné ou non. Dans l'affirmative, prenez un petit pot empli d'un mélange léger, en vue d'effectuer la transplantation.

  2. Autour du drageon, retirez le maximum de terre, et dégagez-le avec les doigts, puis séparez-le avec un couteau bien affûté, ou bien avec un également très aiguisé. Travaillez en douceur pour ne pas endommager les racines.

  3. Saupoudrez les racines d'hormones d'enracinement, toujours pour accélérer la reprise, et plantez le rejet dans le petit pot prévu à cet effet. Arrosez bien. Vous avez ainsi une nouvelle plante.

A signaler : si le drageon n'est pas enraciné, vous pouvez néanmoins le prélever ; vous le traiterez alors comme une bouture mais la reprise dans ce cas est évidemment plus aléatoire. Nous vous conseillons plutôt de le laisser s'enraciner aux côtés de la plante-mère.

Quelles plantes émettent des rejets ? Le bananier, les broméliacées, les palmiers…

7. Les greffes

Le greffage est une méthode de reproduction asexuée qui se révèle utile lorsque les plantes à multiplier ont un système radiculaire faible ou sensible aux maladies. Par ailleurs, certaines variétés ne peuvent être reproduites ni par semis ni par bouturage.

Greffe Plante
© istock

C'est un procédé de reproduction des plantes d'intérieur assez peu employé par les non-professionnels. Toutefois, bien conduite, la greffe peut apporter de grandes satisfactions à l'amateur, avec des végétaux aussi différents que les azalées ou les cactus.

Les méthodes de greffage le plus souvent utilisées pour les plantes d'appartement sont les suivantes :

1. Greffage en fente simple

Le porte-greffe, étêté, est légèrement fendu de part en part. Le greffon, c'est-à-dire la nouvelle variété, est taillé en biseau, puis introduit dans la fente de façon que les deux écorces coïncident parfaitement. Une ligature maintient le greffon en place jusqu'à la reprise. Celle-ci se manifeste par la formation d'un bourrelet de cicatrisation, parfois assez spectaculaire. On supprime alors avec précaution la ligature, tandis que les nouvelles pousses du greffon son taillées afin de donner une forme à la jeune plante. Ce mode de reproduction est utilisé pour les azalées et un certain nombre d'espèces de cactacées.

greffe avec un ruban isolant dans le jardin
© istock

2. Greffage en coulé ou de côté

Le greffon est taillé en biseau et inséré sur le côté du porte-greffe, lequel n'est pas étêté. La forme de la fente de greffage est un L inversé. Ultérieurement, après la reprise, on supprime la partie supérieure du porte-greffe pour ne laisser que la nouvelle variété.

3. Écussonnage

L'écussonnage est pratiqué sur les rosiers et sur les arbustes ligneux. Demandant un certain doigté à tous les stades, cette opération ne peut être menée à bien que par les amateurs très avertis. Le porte-greffe, fendu en T à la hauteur désirée — souvent au niveau du collet ou quelques centimètres au-dessous —, reçoit le greffon, fraîchement prélevé sur un sujet parfaitement sain et possédant toutes les particularités de la variété. Ce greffon est très petit, car il ne comporte qu'un seul œil, entouré d'écorce d'où on a retiré le bois, c'est-à-dire la partie interne blanche de la branche.

L'écusson est délicatement glissé à l'intérieur de l'incision en T, puis doucement ligaturé en fermant les deux lèvres. La reprise est assez rapide.

A quelle époque greffer ?

Les époques de greffage varient suivant les espèces, encore qu'en règle générale il s'effectue, sans grands risques d'échec, au printemps ; on parle alors de greffage « à œil poussant ». S'il a lieu en automne, il s'agit d'un greffage « à œil dormant », puisque la plupart des végétaux entrent en repos à cette saison. La greffe reprend très bien, mais le bourgeon ne démarre qu'au printemps suivant.

Les azalées sont greffées en août. Les greffages les plus spectaculaires sont sans aucun doute ceux que l'on pratique sur les cactées.

La multiplication des plantes, une découverte plutôt récente

On a longtemps tout ignoré de la reproduction des plantes. Azade, la petite tomate bavarde qui nous apprend l'histoire des végétaux dans "La folle histoire des plantes", a son avis sur la question. "Au bout de quarante siècles, on a fini par se rendre à l'évidence : les plantes ont une sexualité". Elle a raison.

Prenez Aristote, ce fameux philosophe de l'Antiquité. Il pensait que la reproduction des plantes n'avait rien à voir avec l'accouplement ou la fécondation. On peut alors se demander quel était leur secret. Pour le savoir, il faut attendre jusqu'au XVIIIe siècle. C'est à ce moment qu'on s'aperçoit de l'existence d'une substance jusqu'alors inconnue, le pollen. Ce sont ces grains minuscules qui fécondent les fleurs. Le voilà, le secret de la reproduction des plantes. Naturaliste suédois, Carl von Linné évoque à leur sujet une image voluptueuse, celle de "lits nuptiaux". Du coup, les femmes sont exclues des cours de biologie!

A lire sur Minutes Maison :

2 commentaires à Multiplier vos plantes : le guide complet

  • Bonjour,
    J’adore essayer de multiplier mes plantes . Cette année je n’ai pas eu besoin d’acheter des géraniums j’ai réussi et je suis très heureuse.

  • Étant jardinier, c’est plaisant de voir que les grands médias planchent sur ces questions et le font aussi bien. Bravo 20 minutes, bon boulot…

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. - * Champs obligatoires