bouture semi d'une plante
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Multiplier des plantes d’intérieur : semis, bouturage, repiquage, greffes

La multiplication des plantes est un jeu d’enfant dans de très nombreux cas. Toutefois, quelques précautions élémentaires augmentent les chances de réussite. Nous vous expliquons dans ce guide complet les bonnes manières de faire pour multiplier vos plantes d’intérieur.

Les 7 méthodes de reproduction des plantes

Il faut toujours utiliser des récipients parfaitement propres, débarrassés de toute trace des cultures précédentes. Le mieux est de les faire tremper une heure dans une solution de permanganate de potassium ou de formol, qui détruit les micro-organismes nuisibles.

Les substrats de multiplication devront eux aussi être indemnes de parasites. Le plus sage, dans la plupart des cas, est d'employer un compost du commerce. Celui-ci, en principe, est désinfecté.

Si l'on préfère utiliser son propre mélange terreux, il convient de le désinfecter avec du formol du commerce. Si l'on n'a besoin que d'une petite quantité de terre, on peut la faire cuire dans une casserole avec beaucoup d'eau ; on la laissera ensuite reposer plusieurs jours avant de s'en servir.

Une autre précaution se révèle indispensable lors du prélèvement des boutures ou des greffons : la sélection sanitaire. C'est-à-dire qu'il faut choisir parmi les plantes dont on dispose celles qui pré- sentent à l'œil nu le meilleur état sanitaire et la plus grande vigueur et éliminer sans pitié celles qui semblent maladives ou végètent mal depuis un certain temps. En outre, au moment du prélèvement des boutures ou des greffons et lorsqu'on sectionne une plante, il faut s'assurer que les outils employés sont parfaitement propres.

L'eau : un élément essentiel

Il peut arriver que, malgré toutes les précautions prises, la multiplication soit réduite à néant du fait de la mauvaise qualité de l'eau. Cela ne veut pas forcément dire qu'elle est sale ou impure, mais plutôt qu'elle est trop acide ou, au contraire, trop calcaire.

Le pH de l'eau, ainsi que celui d'une terre, est assez facile à déterminer avec les papiers réactifs disponibles dans le commerce. En revanche, il est relativement difficile de modifier l'acidité ou l'alcalinité de l'eau. Le plus simple consiste, dans ce dernier cas, à utiliser une eau déminéralisée à pH très bas (eau bouillie). De toute façon, il faut arroser avec précaution, et même parcimonieusement, les semis, les boutures et les plantes récemment greffées.

1. Les semis

Cette opération de reproduction sexuée permet d'obtenir en peu de temps un grand nombre de jeunes plantes filles. Toutefois, celles-ci ne présentent pas toujours la totalité des caractères typiques des parents.

personne en train de semer des graine
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La faculté germinative, ou longévité, de la graine étant très variable d'une espèce à l'autre, il convient de s'approvisionner chez un grainetier spécialisé. En outre, lors de la commande, il faut préciser le genre, l'espèce et la variété désirés et exiger que ces différents renseignements soient portés sur l'emballage, de même que la date limite d'utilisation.

Les graines étant prêtes à être semées, il faut préparer la terrine de semis. Celle-ci devra être très propre. On place dans le fond du contenant, après s'être assuré que les trous d'évacuation sont libres, une couche de tessons de poterie de 1,5 ou 2 cm d'épaisseur. On recouvre cette couche drainante avec le substrat de multiplication, qui sera soit un compost du commerce, soit un mélange que l'on aura confectionné soi-même. On tasse raisonnablement et régulièrement la terre (sans oublier les bords) avec une planchette propre munie d'une poignée.

Le semis est réalisé de la façon suivante :

  • les graines très fines (bégonia) sont préalablement mélangées avec du sable propre et sec ; le volume à épandre sur la terre est ainsi plus important, ce qui facilite une répartition plus régulière ;
  • les graines petites et moyennes sont semées régulièrement sur toute la surface de la terre à l'aide d'une feuille de papier pliée en deux ;
  • les grosses graines sont placées individuellement, par rangs espacés de 3 à 4 cm, à égale distance sur le rang, puis enfouies légèrement.

Préparation et réalisation d'un semis :

  1. Dans une caissette, en bois de préférence, placez une couche suffisamment épaisse de gravillons ou de morceaux de poterie. Recouvrez de terreau jusqu'à 2 cm du bord
  2. Semez en lignes ou â la volée en utilisant une feuille de papier ou un bristol pour bien répartir les graines. Recouvrez avec une fine couche de terreau. Tassez légèrement avec une planchette
  3. Arrosez â la pomme, sans inonder : les graines ne doivent pas réapparaître.
  4. Recouvrez d'une plaque de verre. Obscurcissez avec un journal. Placez â 20-25°c

Certains fruits à écorce dure demandent à être stratifiés. Cette opération, qui débute généralement plusieurs semaines avant le semis proprement dit, consiste à placer les graines (fruits) dans du sable humide, à un endroit tempéré. L'écorce se ramollit, ce qui permet à la plantule de sortir rapidement. Le semis a lieu lorsque l'écorce est sur le point d'éclater ou même lorsque la jeune plantule est presque sortie. Les graines étant en place, il convient de les recouvrir avec une fine couche de sable et de tourbe, que l'on tasse très légèrement.

L'arrosage a lieu soit par aspersion avec une fine pomme d'arrosoir, soit par capillarité. Dans ce dernier cas, la terrine est placée dans un récipient plein d'eau, de façon que celle-ci monte régulièrement, par capillarité, jusqu'au niveau des graines. L'opération terminée, on place une feuille de verre propre sur la terrine ; celle-ci est rangée dans un endroit abrité des courants d'air et où règne une douce chaleur de fond (à proximité d'un radiateur par exemple).

Une température de 20 à 25 °c doit être maintenue pendant tout le temps de la germination.

2. Le repiquage des plantes

Personne Qui Repique Une Plante
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Le repiquage des jeunes plantules a lieu lorsque celles-ci dépassent 1 ou 2 cm de hauteur. On les soulève alors avec une spatule et on les transplante dans une terrine plus profonde ou dans un petit pot de tourbe, laquelle se décomposera dans le sol. L'écartement entre les plantes varie en fonction de la vigueur des sujets et de l'espèce.

3. Le bouturage

Cette méthode de reproduction est assez rapide, fidèle quant à la conservation des caractères du parent et assez facile à réaliser. La plupart des plantes de serre et d'appartement se multiplient bien par bouturage : bégonia à fleurs ou à feuilles, cissus, coléus, ficus, philodendron, peperomia, etc.

Plantes Grasses Bouture
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Avant de procéder au bouturage, il faut avoir soin de nettoyer et de désinfecter convenablement tous les instruments utiles à cette opération. En outre, on doit absolument choisir des plantes mères saines et robustes.

On prépare à l'avance des godets de 8 ou 9 cm de diamètre, destinés à recevoir les boutures, on les désinfecte et on les remplit d'un mélange terreux composé pour moitié de sable et pour moitié de tourbe fibreuse. Au lieu de godets, on peut utiliser de petits paniers en plastique, à condition de les poser dans une terrine remplie de tourbe bien drainée pour éviter le dessèchement. Les boutures seront courtes pour ne pas faire basculer le pot. Qu'il s'agisse de boutures aoûtées (lignifiées à la fin de l'été de l'année précédente) ou non, le sectionnement se fait toujours sous un nœud : les cellules de cette partie de la plante possèdent la faculté de se reproduire très vite en donnant naissance à des racines (en bas) et à un ou plusieurs bourgeons de croissance (vers le haut). La coupe doit être franche, sans bavures. Les feuilles inférieures encombrantes et inutiles sont supprimées et, si besoin est, on réduit le volume des feuilles du haut.

Les boutures de turions (bourgeons) et de tiges sont réalisées selon le même principe. Les boutures de feuilles se font un peu différemment. Il faut détacher la feuille entière et la planter avec son pétiole (peperomia, saintpaulia). Dans le cas des bégonias à feuilles décoratives, on plante verticalement ou à plat (horizontalement sur le sol) des sections de feuilles. Une autre méthode consiste à placer à plat sur le sol une feuille entière dont on sectionne les nervures. Elle est fixée avec des crochets (épingles recourbées) pour empêcher qu'elle ne se soulève.

Une fois la bouture sectionnée, on la met en place dans son godet rempli de substrat, puis on arrose modérément les feuilles et on met « à l'étouffée ». Ce procédé consiste à maintenir les boutures dans une atmosphère sursaturée d'eau, à mi-ombre et à une température proche de 25 °c (sous un film plastique par exemple).

Une plante saine n'est généralement pas attaquée par les maladies. Lorsque cela se produit, il faut immédiatement éliminer les boutures malades et saupoudrer celles qui sont encore indemnes avec un produit anticryptogamique à base de soufre. L'arrosage se fait par capillarité.

Une méthode simple pour les boutures de taille importante : placer les godets avec leur contenu dans un sac en plastique fermé par des épingles à linge ; lorsque les racines se sont bien développées, soit cinq ou six semaines plus tard, il faut laisser entrer l'air progressivement dans l'enceinte pour permettre le durcissement des plantes.

On rempote ensuite dans un contenant plus grand dont le substrat de culture varie selon l'espèce.

Le bouturage dans l'eau

Ce procédé est utilisé pour un petit nombre d'espèces seulement : coleus, chlorophytum, papyrus, tradescantia (misère).

Les rameaux des plantes ou la touffe de feuilles pour le papyrus sont immergés partiellement dans une carafe opaque large goulot ou dans un récipient plat rempli d'eau. Ce contenant placé ensuite sur une source de chaleur douce, par exemple un radiateur, ou derrière une fenêtre exposée au sud, est régulièrement approvisionné en eau pour combler les pertes dues à l'évaporation. Après quelques semaines (deux ou trois), on voit apparaître des racines blanchâtres, qu'il faut protéger de la lumière. Lorsque celles-ci atteignent plusieurs centimètres de long, on rempote la plante dans un substrat de culture qu'on humidifie normalement.

4. Le marcottage aérien

Ce procédé est surtout utilisé pour sauver l'extrémité feuillée d'une plante dégarnie à la base (philodendron, ficus, dieffenbachia).

On incise la tige sur les deux faces à la hauteur désirée (sous une feuille). Dans certains cas (tige très épaisse), on peut la dégarnir de son écorce sur 0,5 cm de largeur et 2 cm de hauteur. On place ensuite de la mousse de sphaigne autour de l'entaille sur 10 cm de hauteur ; on ligature et on humidifie la mousse. On recouvre cette sorte de « saucisson » moussu avec un morceau de film plastique, serré par du raphia aux deux extrémités. Quatre ou six semaines plus tard, les racines apparaissent à la périphérie du « sac ». Après avoir éliminé avec précaution tous les matériaux, on sectionne la tige au-dessous des racines et on rempote cette nouvelle plante dans un mélange terreux de culture.

5. La division des touffes

Cette opération culturale se pratique assez couramment avec les plantes d'appartement, notamment aspidistra, clivia et les broméliacées en général. Il est préférable de procéder à la division des touffes lorsque les plantes sont en repos végétatif, c'est-à-dire en février ou mars.

On sort d'abord la plante de son pot. En cas de difficulté, on peut utiliser une longue spatule ou un couteau que l'on fait tourner entre le pot et la motte. Ainsi décollées, les racines ne seront pas abimées.

Le collet de la plante étant bien dégagé (la terre du sommet de la motte est éliminée), on peut observer les bourgeons végétatifs ou les rejets ainsi que les jeunes racines. Il est alors facile de les sectionner, en prenant soin, toutefois, de toujours laisser au moins un œil par section et le plus de racines possible. Il faut trancher franchement dans la masse, en évitant de provoquer des déchirures : les coupes nettes diminuent les risques de pourriture.

6. La division des tubercules

Cette technique est en principe réservée aux professionnels, mais les amateurs avertis peuvent parfaitement la maitriser.

Les tubercules (bégonia tubéreux), placés en janvier dans une caissette de tourbe humide, dans l'obscurité, à une température de 15 °c, voient après quelques jours leurs bourgeons entrer en végétation. Ils deviennent ainsi plus facilement repérables au sommet de la masse charnue. On procède alors au sectionnement à l'aide d'outils propres et désinfectés. Lorsque les sections ou segments sont prêts, ils sont placés dans un pot juste assez grand pour contenir les racines, puis on introduit de la terre autour et à l'intérieur de la motte.

Comme pour les jeunes boutures enracinées, l'arrosage par capillarité est d'abord effectué avec parcimonie pendant quinze jours ou trois semaines environ, puis il a lieu normalement. S'il s'agit d'espèces réclamant une haute hygrométrie de l'air, il faut les placer dans un sac en plastique ou, si possible, dans le fond d'une serre-fenêtre en atmosphère saturée d'eau.

7. Les greffes

Le greffage est une méthode de reproduction asexuée qui se révèle utile lorsque les plantes à multiplier ont un système radiculaire faible ou sensible aux maladies. Par ailleurs, certaines variétés ne peuvent être reproduites ni par semis ni par bouturage.

Greffe Plante
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C'est un procédé de reproduction des plantes d'intérieur assez peu employé par les non-professionnels. Toutefois, bien conduite, la greffe peut apporter de grandes satisfactions à l'amateur, avec des végétaux aussi différents que les azalées ou les cactus.

Les méthodes de greffage le plus souvent utilisées pour les plantes d'appartement sont les suivantes :

1. Greffage en fente simple

Le porte-greffe, étêté, est légèrement fendu de part en part. Le greffon, c'est-à-dire la nouvelle variété, est taillé en biseau, puis introduit dans la fente de façon que les deux écorces coïncident parfaitement. Une ligature maintient le greffon en place jusqu'à la reprise. Celle-ci se manifeste par la formation d'un bourrelet de cicatrisation, parfois assez spectaculaire. On supprime alors avec précaution la ligature, tandis que les nouvelles pousses du greffon son taillées afin de donner une forme à la jeune plante. Ce mode de reproduction est utilisé pour les azalées et un certain nombre d'espèces de cactacées.

greffe avec un ruban isolant dans le jardin
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2. Greffage en coulé ou de côté

Le greffon est taillé en biseau et inséré sur le côté du porte-greffe, lequel n'est pas étêté. La forme de la fente de greffage est un L inversé. Ultérieurement, après la reprise, on supprime la partie supérieure du porte-greffe pour ne laisser que la nouvelle variété.

3. Écussonnage

L'écussonnage est pratiqué sur les rosiers et sur les arbustes ligneux. Demandant un certain doigté à tous les stades, cette opération ne peut être menée à bien que par les amateurs très avertis. Le porte-greffe, fendu en T à la hauteur désirée — souvent au niveau du collet ou quelques centimètres au-dessous —, reçoit le greffon, fraîchement prélevé sur un sujet parfaitement sain et possédant toutes les particularités de la variété. Ce greffon est très petit, car il ne comporte qu'un seul œil, entouré d'écorce d'où on a retiré le bois, c'est-à-dire la partie interne blanche de la branche.

L'écusson est délicatement glissé à l'intérieur de l'incision en T, puis doucement ligaturé en fermant les deux lèvres. La reprise est assez rapide.

A quelle époque greffer ?

Les époques de greffage varient suivant les espèces, encore qu'en règle générale il s'effectue, sans grands risques d'échec, au printemps ; on parle alors de greffage « à œil poussant ». S'il a lieu en automne, il s'agit d'un greffage « à œil dormant », puisque la plupart des végétaux entrent en repos à cette saison. La greffe reprend très bien, mais le bourgeon ne démarre qu'au printemps suivant.

Les azalées sont greffées en août. Les greffages les plus spectaculaires sont sans aucun doute ceux que l'on pratique sur les cactées.

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