Ne le confondez plus avec le scarabée : cet insecte crache du sang !

Lors de l’une de vos promenades ou dans votre jardin, vous avez certainement croisé un gros coléoptère noir et tout rond se déplaçant lentement sur le chemin. Peut-être vous êtes-vous dit qu’il s’agissait d’un scarabée ? Eh bien, pas forcément, car il peut s’agir d’un crache-sang. Partons à la découverte de ce coléoptère au comportement singulier.

Zoé Beaugrand Publié le 21/05/24 à 11:22
Crache Sang
© istock

Crache-sang ou scarabée ?

Si pour vous, tous les coléoptères sont des scarabées, vous allez découvrir que ce n’est pas le cas. D’abord, le crache-sang et le scarabée n’appartiennent pas à la même famille : le scarabée appartient à la famille des Scarabaeidae, alors que le crache-sang, aussi appelé timarque ou chrysomèle noire, appartient à la famille des Chrysomélidés.

Ensuite, même s’ils se caractérisent par un corps bombé, comme celui d’une coccinelle, entièrement noir avec des reflets bleu sombre, leur ressemblance ne va pas plus loin. Voici les détails qui vont vous permettre de bien faire la différence entre les deux :

  • Les ailes : à la différence de celles du scarabée, les ailes dures, ou élytres, du crache-sang sont soudées entre elles et créent une sorte de carapace dorsale qui le protège de ses prédateurs et de la chaleur. Le crache-sang ne peut donc pas voler, il est aptère.
  • Les antennes : celles du crache-sang ne peuvent pas être confondues avec celles du scarabée, car elles ont un aspect singulier : on dirait des petites perles noires enfilées les unes à la suite des autres.
  • Les pattes : celles du crache-sang sont robustes et en les observant, il est possible de remarquer que le segment terminal qui se pose au sol, aussi appelé le tarse, est composé de trois éléments aplatis en forme d’un cœur, dont le dernier porte deux griffes qui lui permettent de s’accrocher aux plantes et d’escalader les murs.

Où et quand observer un crache-sang ?

Là où vous avez le plus de chances de croiser un crache-sang, c’est, de mars à octobre, sur les chemins de terre exposés au soleil ou, malheureusement pour lui, sur la route. Il est un élément de la biodiversité ordinaire, ce qui veut dire que vous pouvez l’observer dans différentes sortes de milieu, même les plus perturbés par les activités humaines, si les conditions nécessaires à sa survie sont réunies :

  • Du soleil et de la chaleur, car il ne peut vivre que sous une température élevée. Par conséquent, si vous vivez au-dessus de 1 000 mètres d’altitude, les chances d’en voir sont plus faibles.
  • Des zones herbacées : la végétation ne doit cependant pas être trop haute, car il l’évite pour ne pas se retrouver rapidement privé de lumière.
  • Des plantes nourricières : le crache-sang est assez strict dans ses choix alimentaires, puisque son aliment de prédilection est certaines espèces de gaillets ou caille-lait, des plantes herbacées de la famille des Rubiacées, mais il peut aussi se nourrir d’orties, de consoudes, de garances voyageuses.

Le cycle de vie du crache-sang

Les adultes émergent entre mars et avril, voire en février lorsque les températures sont très douces. Les mâles vont alors déambuler à la recherche de femelles avec lesquelles se reproduire. Voici comment les choses se passent après l’accouplement :

  • La femelle pond ses œufs blancs jaunâtres par paquets sous les feuilles de gaillet.
  • Ses œufs donnent naissance à de grosses larves dodues d’une couleur noir métallique, qui donnent l’impression d’être dépourvues de pattes. Elles en ont bien, mais si petites qu’elles sont pratiquement invisibles. Pour compenser et pouvoir quand même s’accrocher à la plante qui les a vues naître, elles possèdent, à l’extrémité de leur abdomen, un organe coloré en forme de ventouse.
  • Elles terminent leur développement larvaire à la fin mai où elle se transforme en nymphes, ou chrysalides, au pied des plantes nourricières.
  • Ensuite, en fonction des conditions climatiques, les nymphes peuvent entrer en hibernation pour ne réapparaître qu’au printemps prochain ou éclore en fin d’été pour une seconde génération d’adultes.

Les méthodes de défense du crache-sang

Ses prédateurs les plus courants sont les lézards, les musaraignes, les oiseaux. Malheureusement, ce coléoptère cumule les handicaps : il est noir sur fond vert, donc très visible, il a une démarche très lente, lorsqu’il tombe sur le dos, il a du mal à se relever du fait de sa forme bombée et il est incapable de voler, puisque ses ailes sont soudées. Autant dire que fuir à toutes jambes ou à tire-d’aile n’est pas une option pour lui.

Mais alors comment se défend-il ?

  • Lorsque le crache-sang se sent menacé alors qu’il est accroché sur une plante, il se laisse tomber au sol au milieu de la végétation, pour se cacher, en quelque sorte.
  • Sinon, il peut faire le mort en repliant ses pattes sous son abdomen. Son attaquant se retrouve alors face à sa carapace blindée.
  • Si malgré tout, son attaquant arrive à l’attraper, il sort le grand jeu : il crache une grosse goutte de liquide rouge orangé ressemblant à du sang. Vous l’aurez compris, c’est ce qui lui vaut son nom de crache-sang. Ce liquide au goût amer est extrêmement toxique, car il contient des anthraquinones qui ont un effet répulsif.

Le crache-sang impacté par les humains

Un autre prédateur du crache-sang est l’homme :

  • La destruction systématique des espaces naturels impactent ces coléoptères directement.
  • L’usage des pesticides, des désherbants, etc. contribue à leur disparition.
  • De nombreux crache-sang sont également tués écrasés par les véhicules, lorsqu’ils entreprennent leur lente déambulation sur les routes.
Zoe Beaugrand

Zoé, rédactrice passionnée par le jardinage et l'aménagement extérieur. À travers mes mots, je tente de transformer chaque coin de verdure en une histoire. Écrire, pour moi, c'est semer des graines d'inspiration.

A lire sur Minutes Maison :

Un commentaire à Ne le confondez plus avec le scarabée : cet insecte crache du sang !

  • Très bon article, super document de vulgarisation scientifique.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. - * Champs obligatoires